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Au cœur de la Mauritanie

« Puis, au premier village, quand j’ai vu tous ces enfants avec des jouets, ils étaient heureux. Je ne pensais pas que les jouets pouvaient rendre aussi heureux. »

Femmes engagées, Diara CAMARA et Bénédicte MOTTO reviennent sur cette belle
aventure qui est l’association Marha et nous font vivre les temps forts de leur premier séjour humanitaire en Mauritanie en tant que jeune association.

Bénédicte et Diara

Entretien avec :

Diara CAMARA, présidente de l’association Marha 

Bénédicte MOTTO, vice- présidente et responsable marketing

Quand et comment est née l’association Marha ? 

D. C. : L’association Marha a vu le jour en octobre 2020. L’idée est venue de mon frère Marha, décédé de la mucoviscidose. Conscient de la chance qu’il avait d’avoir facilement accès aux soins médicaux en France, il désirait à son tour aider les enfants malades en Mauritanie dans ce sens et aussi pourquoi ne pas  leur envoyer des jouets pour égayer leur quotidien entre autres?  Il me demanda mon aide pour la concrétisation de ce projet. 

Une fois en Mauritanie, j’ai constaté la précarité vécue par de nombreuses familles dans les villages et je me suis décidée d’étendre notre champ d’action.

Quelles sont donc les missions de l’association ? 

D. C. : L’association Marha met en place des actions visant à donner accès à la santé, à l’éducation et à la nutrition aux enfants les plus pauvres en Mauritanie premièrement et pour finir dans toute l’Afrique.

Pourquoi ce choix porté sur les enfants ? 

B. M. : Nous pensons qu’en aidant ces enfants, nous contribuons au développement de l’Afrique. Il s’agit de leur donner les clés pour qu’ils prennent en main leur avenir et qu’ils puissent décider seuls. 

Par exemple, actuellement dans ces villages, nous avons pu constater que les femmes sont pour la majorité illettrées et qu’elles n’ont pas de regard extérieur sur le monde. Elles manquent d’éducation. Par conséquent, ce sont les hommes qui font les démarches administratives à leur place.

Nous espérons que la condition de la femme s’améliorera quand elle aura accès à l’éducation. Nous pensons qu’en donnant ainsi une égalité des chances à l’accès à l’éducation aux filles comme aux garçons, que cela aura un impact sur la condition de cette première dans la société.

Pouvez-vous nous faire un état des lieux de la situation des enfants démunis en Mauritanie ? 

B. M. : En allant sur place, j’ai été choquée par ce que j’ai vu. Aucun enfant ne parle l’arabe (qui est pourtant la langue nationale) dans les villages. Ils ont dans ce cas, du mal à communiquer  non seulement avec les autres personnes dans le pays mais aussi avec les pays voisins.

Dans les villages, l’éducation n’a pas d’intérêt surtout pour les filles. La majorité d’entre elles après 12 ans ne vont plus à l’école. Elles se marient. 

Les enfants nés hors mariage n’ont pas de pièce d’identité sauf si un homme de la famille veut les reconnaître (en général un parent de la mère). S’il arrivait que la mère de l’enfant né hors mariage se marie, elle irait sans son enfant dans son foyer. 

D. C. : Sans pièce d’identité, ces enfants ne peuvent pas sortir de leurs villages. Ils ne peuvent pas être recensés et l’État vient de décider qu’ils ne pourront pas non plus avoir accès à l’éducation. Mon cousin de 39 ans, par exemple, n’a jamais quitté son village.

De plus, la scolarité coûte chère dans ces villages. Les enfants sont obligés de travailler et d’aider leurs familles.

D. C. : Du point de vue de la santé, il y a peu de médecins et les dispensaires sont très peu équipés. De plus, les soins coûtent chers. Par exemple une anecdote, j’ai le fils d’un ami qui tombe malade. La mère contacte le père en France. Ils doivent aller à la capitale pour se faire soigner et l’enfant meurt en route.

D’ailleurs, les enfants de moins de 10 ans décèdent régulièrement par manque de soins, de suivi médical et d’argent car aller à la capitale coûte cher. 

dispensaire de Daffort
Dispensaire de Daffort

Vous avez effectué un voyage humanitaire en Mauritanie l’année dernière, à quelle période cela s’est-il déroulé ? 

B. M. : Du 03 au 15 octobre 2021. Ce qui correspond à la fin de la période des récoltes. Il y fait beau et ce sont les vacances scolaires.

Combien de temps a duré votre séjour ? 

D. C. : Il a duré 12 jours dont 7 dans les villages de la région de GUIDIMAKHA. Cette Région se trouve entre la Mauritanie, le Sénégal et le Mali.

Comment s’est-il déroulé ? Quelles actions y ont été menées par l’association Marha?

D. C. : Nous avons pu atteindre les objectifs que nous nous étions fixés pour ce voyage humanitaire.

Tout d’abord, nous avons visité l’orphelinat et l’école Mariem Diallo à Nouakchott. Nous y avons fait un don de livres et aménagé une pièce de l’école en bibliothèque. La sélection de l’orphelinat s’est faite par rapport à son histoire qui m’a énormément touchée. Dans les années 1960, Mariem Diallo ramasse un jour un nouveau-né. De plus en plus de gens viennent lui déposer des enfants. Elle crée alors une école et a pu scolariser plus de 600 enfants. Elle est décédée en 2015. Après son décès, ses enfants et son frère ont continué à élever ses enfants. 

B.M. : Nous y avons ensuite fait des ateliers créatifs avec les enfants (petits lapins en carton…). Ils n’avaient jamais fait de créations artistiques comme cela. Ravi de cette expérience, un des enfants m’a offert une bague. Cela m’a fait plaisir. L’école était fermée en raison des vacances scolaires mais les enfants sont venus de manière volontaire et ça nous a énormément touché. 

D’autre part, nous avons visité une pièce vide qui fait office de jardin d’éveil. La maîtresse a ouvert cette pièce de manière bénévole pour aider les familles qui ne peuvent pas garder leurs enfants la journée. Elle a d’autant plus besoin de l’association pour l’aider à développer cet endroit et améliorer le quotidien des enfants qui sont assis par terre dans une pièce vide.

Atelier créatif
Atelier créatif dans une école de Nouakchott

D. C. : Nous avons été dans deux villages, dans lesquelles, nous avons distribué, non seulement, des vêtements, mais également, des jouets aux enfants. 

Pour finir nous avons rencontré deux dispensaires pour un partenariat et fait un don de médicaments. 

distribution des dons
Distribution aux familles en nécessités

Comment les habitants de ces villages vous ont-ils accueillis ? 

B. M. : Ils étaient formidables. Ils nous ont accueilli tellement chaleureusement et nous avons eu droit à une petite fête. Beaucoup d’enfants n’avaient alors jamais vu de blancs. D’une part, les tout-petits étaient terrifiés. je leur ai donc donné ma main et une fois qu’ils l’ont touchée, ils se sont calmés. D’autre part, les plus grands étaient curieux. 

Aviez-vous des craintes en allant à la rencontre de ces populations ? 

D. C. : On ne s’est posé aucune question à ce niveau. J’avais une crainte plutôt au niveau organisationnel. Je me demandais si nous allions réussir à gérer la distribution des dons sur place.

Quels ont été les temps forts de votre séjour humanitaire ? 

D. C. : La concrétisation de ce voyage tant attendu. Ensuite, au premier village, quand j’ai vu tous ces enfants avec des jouets, ils étaient heureux. Je ne pensais pas que les jouets pouvaient rendre aussi heureux. Le temps des photos et des vidéos également avec les populations.

B. M. : L’excitation au moment de partir ; la réalisation de ce voyage ; la découverte d’une nouvelle culture ; le sourire sur le visage des enfants et voir les parents heureux. Et puis le dernier jour, constater que les objectifs fixés ont été atteints.

Moments de partage dans les villages
Moments de partage

Quelles difficultés avez-vous rencontrées sur place ? 

D. C. : La désorganisation et l’effervescence des habitants.

En effet, pour le premier village, nous avons eu du mal à nous organiser au moment de la distribution des dons. Nous n’étions pas prêts et la population est arrivée plus tôt que prévu. Cela a créé un énorme vacarme. Nous avons eu du mal à gérer la foule, ce fut un moment aussi difficile pour eux que pour nous.

Puis, dans le deuxième village, nous avons pu nous rattraper. Les lots ont été préparés à l’avance et on ciblait des familles pour la distribution. Du coup, nous avons pu passer un moment de partage avec eux. 

En une année d’existence comment avez-vous pu concrétiser un si grand projet ? Quel est votre secret ?

D. C. : Dès le début du projet, j’ai refusé que l’association soit seulement une affaire de la communauté mauritanienne car le projet était à moyen terme d’étendre nos actions sur l’ensemble du continent Africain tout en menant également des actions en France. Puis, la chance a joué aussi. Tout de suite la Croix Rouge a appelé pour les dons. Il y a eu un engouement au niveau du Val d’Oise des donateurs réguliers. Les bénévoles ont également porté le projet, bien que notre équipe soit petite elle est très efficace. La crise sanitaire nous a par ailleurs aidé dans la récolte de dons vestimentaires.

Qu’auriez-vous voulu faire en plus dans le cadre de ce séjour humanitaire mais que vous n’avez malheureusement pas pu faire ? 

B. M. : Travailler sur des partenariats sur le long terme avec les médecins, les dispensaires, voir l’ambassade, les élus, les écoles dans les villages, les champs, apprendre à les connaître et à comprendre leur culture.

A quand le prochain séjour humanitaire en Mauritanie ? 

D. C. : En janvier 2023, ce sera pour une caravane de santé. Il s’agira d’un groupe de personnel médical qui se déplacera alors, pour opérer les gens dans les zones rurales, faire des conférences, des consultations et de la sensibilisation.

caravane humanitaire
Illustration caravane humanitaire de Marha

Quels sont vos projets futurs ?

D. C. : Nous allons distriber des cartes alimentaires à la population. Il s’agit de créer un partenariat avec une boutique locale. 10 jours avant le ramadan nous achèterons des vivres à cette boutique, des personnes nécessiteuses sélectionnées, pourront alors, récupérer les vivres grâce la carte.

Nous voulons également sponsoriser des jeunes filles qui veulent étudier mais qui n’ont pas les moyens de financer leurs études.

Nous projetons aussi de faire des actions en France notamment des ateliers dans les hôpitaux avec des enfants malades en partenariat avec l’association « C’est que du bonheur ».  Et en parallèle, nous souhaitons ajouter à nos cordes des ateliers de français pour les migrants en région parisienne pour apprendre à communiquer et à passer les barrières de la peur. 

Enfin, nous avons aussi le marché de noël, une course à pied et une brocante en vue cette année.

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3 réflexions au sujet de “Au cœur de la Mauritanie”

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  2. Bonjour nous sommes une association nommée acci -carros sur les Alpes-Maritimes et depuis moins d’un an nous menons des actions en Mauritanie, ouganda et Népal eg nous souhaitons mettre en place un convoi humanitaire, pour cela nous sollicitons vos conseils. Merci

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